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 L'Histoire Soléandrinne

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Barradrine
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MessageSujet: L'Histoire Soléandrinne   Sam 4 Fév - 22:01

Spoiler:
 


Histoire de Soléandre
Telle Qu’Établie par les Archivistes de la huitième Ère Soléandrine

Avant-propos

Certains, trop nombreux à notre avis, considèrent la date de fondation de Soléandre comme le début de l’Histoire. Voilà que l’un affirme que la Sainte Cité est aussi la Première de toutes les Cités, que l’autre déclare qu’elle constitue la première preuve de civilisation, qu’un troisième prétend qu’elle a toujours été au centre du Monde sans Nom, et ce depuis le Premier Jour de la Création. Ce sont là des inepties professées par des ignares et des malhonnêtes, à qui il ne faut en aucun cas prêter fois. Soléandre est, tout simplement, devenue le centre du Monde –et encore, il faudrait préciser : du monde humain et elfe- suite à un lent processus de croissance, un processus historique de domination maintenant terminé, ayant laissé place à une phase de déclin. Soléandre est le centre du monde pour les Soléandrins : que cela suffise au lecteur.

Il convient de préciser que, bien avant le développement de la Sainte Cité, et à plus forte raison bien avant les grandes heures de sa gloire, de nombreuses civilisations avaient marqué l’Histoire. Citons notamment ici les Océanides, les Peuples de la triade arbrosienne –Arshees, Dryades et Sylvaniens-, de même que les civilisations elfes et naines. Les histoires de ces peuples remontent bien avant la fondation de Soléandre, de telle façon que pour plusieurs l’Âge Soléandrin (qui comprend les huits ères écoulées selon le calendrier de la Sainte Cité) ne constitue qu’une minuscule partie de l’histoire de ces races. L’Histoire présentée ici sera centrée sur Soléandre, mais il convient de se remémorer que pour de nombreuses civilisations Soléandre ne revêt pas d’importance particulière –ou ne constitue pas autre chose qu’un objet de pouvoir digne d’être possédé.





La Fondation et les Ères de Gloire (1ère, 2e et 3e ères soléandrines)

Le Mythe de la fondation de Soléandre est d’une telle étrangeté qu’il nous interdit de le Considérer autrement que comme, justement, un mythe : la Sainte Cité aurait été fondée, il y a de cela des millénaires, par un gobelin dont le nom s’est perdu depuis lors. Du simple point de vue historique, une telle théorie est irrecevable : elle supposerait une civilisation gobeline, ce que rien ne vient prouver. Tout au plus un gobelin a-t-il, peut-être, lors des Âges anciens, établi sa tanière ou le village des siens sur le territoire qui est aujourd’hui celui de Soléandre, mais cela ne fait pas de lui le fondateur de la Cité : aucune prétention légitime ne peut être soutenue de ce point de vue.

Cependant, il convient de préciser quelque chose : Soléandre tire son importance d’un fait religieux avéré, repris par presque toutes les mythologies : la Sainte Cité aurait été édifiée sur le Site abritant la Pierre de Fondation. On a souvent –à tort- considéré cette Pierre comme datant de la fondation de Soléandre, ou du moins liée à elle. C’est faux. Elle tire son nom de la Fondation du Monde lui-même, tel qu’on le connaît. Tous savent que, dans les Premiers temps du Monde, la terre fut le théâtre de luttes farouches et terribles entre les divers dieux du Panthéon, tous désireux d’étendre leur domination et de modeler la création selon leur désir et leur convenance. Après des ères de cette guerre sans fin entre les dieux et leurs suites, les plus puissants d’entre eux convinrent que tout cela était stérile. Ils se réunirent donc au centre du Monde sans Nom, les Sept grands et leurs suites. Se trouvaient là Meselsius du Temps, Arbros des Forêts, Armélia de la Terre, Eras du Feu, Hertésor des Eaux, Ilisis des Airs et Astaroth des Ténèbres, ainsi que de nombreux autres esprits mineurs. Lors de ce Conseil, qui dura une ère à lui seul, il fut convenu que les dieux se retireraient du Monde vers leurs domaines extérieurs, et ne pourraient intervenir sur celui-ci que par l’intermédiaire des Races à venir, à travers lesquelles ils lutteraient. Seul cet acte créateur serait permis aux dieux. Pour que tous respectent la trêve et l’engagement, ils prêtèrent serment sur une grande pierre qui se trouvait là. Le bris du vœu entraînerait le monde de nouveau dans la guerre, mais la guerre de tous contre le briseur de serment. Les dieux choisirent l’un des moindres d’entre eux, la Déesse Thémis, comme garante de l’engagement. Ainsi fut juré le Serment de Nyarlathotep, du nom du dieu mineur qui le premier l’avait suggéré. De là aussi la Pierre de Fondation, touchée par tous les Dieux, tire son pouvoir.

La fondation physique, terrestre de la Sainte Cité pose quant à elle un problème de taille. Documents, vestiges et archives s’accordent sur une chose : malgré son existence très étendue dans le temps, Soléandre n’a vraisemblablement connu qu’une seule phase de développement, deux tout au plus. Il s’ensuit donc que, malgré l’hétérogénéité de sa population, la Cité des Immortels présente un ensemble architectural et artistique cohérent : il s’agit de se rappeler que la grande majorité des bâtiments officiels –tels que le palais, les Murs, les Portes, la Bilbiothèque, l’Université, le Tour de Magie- découlent d’un même élan bâtisseur et datent tous de l’époque de la Fondation.

Mais qui a fondé Soléandre ? Si la Cité compte aujourd’hui une majorité d’humains, on ne peut penser qu’elle soit de fondation humaine : la race mortelle était trop jeune, trop peu avancée lorsque l’âge Soléandrin a débuté. On exclura tout aussi rapidement les elfes sylvains, les nains, les Arshees, les Océanides…. Bien vite, force est de constater que l’évidence s’impose : Soléandre fut fondée par la seule civilisation apte à la construire : les Hauts-Elfes. Soléandre, Capitale d’un Empire Haut-Elfe ? Mais alors d’où vient la vocation universaliste et, il faut le dire, dominatrice de la Soléandre des premières ères ?

Ici, force nous est d’avouer notre ignorance. Mais une hypothèse se démarque, simple mais très probable : fondée à la date de la Déchirure Elfique et du Déclin des Hauts-Elfes, la Sainte Cité fut vraisemblablement élevée par les débris épars des peuples de plusieurs royaumes et Cités Hauts-Elfes,, rassemblés en une dernière Grande Cité.

Avec le temps, cependant, la race décrût, et vinrent les Immortels. Ici commence réellement l’histoire de Soléandre. Lieu de pouvoir et de grandeur, mais sans véritable dirigeant, Soléandre passa sous le contrôle de ces esprits servants des Dieux qui refusèrent de quitter le monde, se révoltèrent contre leurs Maîtres et s’autoproclamèrent Immortels et Enfants du Créateur. Ce sont eux qui sont à l’origine de la grandeur de la Sainte Cité et aussi, de façon très paradoxale, de cette infâme hérésie qu’est le culte du Créateur. Êtres puissants, plus sages que les Enfants des Dieux, et forts d’une légitimité certes basée sur le mensonge, mais paraissant aux yeux de tous incontestable, les Immortels firent de Soléandre le cœur du Monde sans Nom, lieu de magie, de splendeurs et de richesses. Un certain idéal unificateur était aussi véhiculé, un idéal noble en soi, bien que fondé sur de faux principes. Éperdus d’admiration, maints États jurèrent allégeance à la Cité, et d’innombrables membres de toutes races vinrent se placer sous la protection des Murs de la Cité des Immortels. Les royaumes des confins et certains puissants empires fidèles au Culte Panthéonnique ignorèrent volontairement la Cité du Milieu, mais le centre du continent tout entier bascula dans sa zone d’influence. Pendant deux ères, les plus longues en nombre d’années de l’Histoire Soléandrine, la Sainte Cité étendit son influence sur le Monde sans Nom, mettant ainsi fin aux conflits incessants entre royaumes et se posant en arbitre tout-puissant, par la volonté des Dieux et des Créateurs. C’est là l’Époque Royale, la plus glorieuse de toutes, celle dont l’aura nimbe encore d’or et de pourpre la Soléandre d’aujourd’hui, bien que sa réalité se soit envolée depuis nombre d’ères.

Pendant les siècles –pour ne pas dire les millénaires- de l’Époque Royale, Soléandre fut gouvernée par les Immortels, des souverains dont la splendeur et le pouvoir, la magie et l’intelligence étaient sans égal. Ils régnèrent et arbitrèrent au Nom de la Déesse Justice, des Dieux Panthéonniques et du Créateur, bâtissant un système idéologique et religieux complexe. S’appuyant sur leurs propres pouvoirs et ceux de la Pierre de Fondation, ils firent bien des merveilles, abattirent nombre d’ennemis, et consignèrent leurs savoirs dans le Grimoire des Âges. Mais si le temps ne pouvait les tuer, ils étaient vulnérables au poison et aux armes, et les Dieux, voyant leur Création leur échapper, dirigèrent contre eux leur colère.

La Chute, le Régime Corrompu et la Réaction Blanche

Après des millénaires de gloire, le sort s’abattit finalement sur ce qu’il convient d’appeler le Grand Royaume Soléandrin qui était à cette époque, de fait, la première puissance du Monde Sans Nom. Seuls échappaient à son influence les Anciens Empires –quelques regroupements Elfes, de vieux royaumes nains et l’Archiduché des Grandes Forêts- , les tribus sauvages et de rares royaumes résistants. Même les puissants regroupements de Seigneurs du temps –les Alliances, qui furent à cette époque puissantes- fonctionnaient selon un ordre établi par Soléandre, et ne se défiaient d’elle que par pure forme.

Mais ce glorieux ensemble finit par s’écrouler. Les Immortels, avides de pouvoirs, luttèrent les uns contre les autres tant et si bien qu’au final ils s’évanouirent, devenant par leur nombre presque insignifiants, encore que leur énorme pouvoir demeura solide. À la fin de la deuxième ère Soléandrine, le Maître du Palais, Shi’nayne, lui-même un Immortel, ourdit un complot pour prendre le pouvoir. Retors et puissant, il fit assassiner le roi légitime, ainsi que tous les Immortels présents dans la Cité. Malgré toute leur puissance, ils demeuraient vulnérables, et une lame sournoise pouvait leur ôter la vie comme s’ils étaient de misérables mortels. Ce fut la fin du Grand Royaume, car le régime de Shi’nayne, bâtit sur la plus flagrante usurpation de l’Histoire, déchaîna la colère des alliantistes qui mirent le siège devant Soléandre. La Ville Imprenable, cependant, ne tomba pas, et les assaillants se brisèrent contre ses murs. L’action des Alliances fragilisa néanmoins suffisamment le pouvoir central pour permettre au parti légitimiste, fidèle aux anciens rois et à l’Époque Glorieuse de la Cité, de mener un Coup d’État à l’intérieur même de la Cité. La lutte fut rude et sanglante, mais finalement Shi’nayne fut vaincu. Pendant un temps Soléandre retrouva son faste d’antan, et son autorité morale.

Il n’y avait cependant plus de roi à mettre sur le trône lorsque débuta la troisième ère. Les Immortels n’étaient plus qu’un souvenir. C’est le chef de file des légitimistes, Solian le Sombre, Seigneur puissant et guerrier terrible, qui reprit en main les destinées de la Cité. Commandant respecté, souverain craint, magicien réputé, homme de grande droiture, insensible aux flatteries et aux courbettes de la Cour, il put se maintenir en place pendant un temps incroyablement long. Il n’usurpa jamais le titre de roi, mais sous sa gouverne la Sainte Cité connut une véritable renaissance. Néanmoins, dur et intransigeant, Solian ne faisait pas l’unanimité. Jamais la Loi ne fut plus dure que lorsque le pouvoir fut sien, et appliquée aussi parfaitement. Sa rigidité finit par causer sa perte. De nouveau, le Palais fut le foyer de la révolte.

Ce fut Angelot, Dame Chambelllan et Maîtresse du Palais –poste, on le voit, qui accueillait les plus fourbes comploteurs- qui mena la fronde contre Solian. Avec force promesses et grande œuvre de séduction –les princes les plus importants passèrent tous entre ses cuisses-, elle rassembla autour d’elle, en grand secret, les puissants du royaume. Elle frappa avec force et vigueur, encore que, de l’extérieur, l’action ne donna point lieu à de grandes flambées : alors qu’il officiait dans la Cour de Justice royale, le Seigneur Solian fut arrêté par les Gardes du palais, soutiens de la conjuration. Traduit devant un sombre tribunal pour des crimes jamais prouvés et dans des circonstances jamais éclaircies, il fut vraisemblablement condamné à mort, car plus jamais il ne fut aperçut et jamais plus son nom ne fut prononcé. Le réseau de la Chambellan investit le jour même les places de la Cité, annonçant la « trahison » de Solian et sa destitution. Les autres grandes figures du régime, Boriac Brisemartel, Capitaine du Port, et Baptistus, Voix du Roy, n’osèrent protester. L’Empereur Boriac quitta la Cité pour son royaume, conservant ses fonctions sans pour autant participer au Coup d’État. La Voix du Roy, pour sa part, vieille relique de l’institution royale des premières ères, respectée pour sa sagesse comme pour sa grande tempérance, s’évanouit pendant un temps, disparaissant on ne sait trop où.

La troisième ère se termina donc dans la plus totale des hontes, et la déchéance de Soléandre fut définitivement consommée. Le parti du Palais, de nouveau, avait obtenu le pouvoir. Celui des Rois –malgré l’intermède à venir de Baptistus- était définitivement abattu, et les derniers Grands dispersés, en exil ou en fuite. Le triomphe semblait total, malgré la survivance de certains nostalgiques, dont Boriac Brisemartel –dont l’allégeance politique est cependant plus que difficile à déterminer.

Néanmoins, déjà à la fin de la troisième ère, naissait en Soléandre ce qui deviendrait le principal mouvement d’opposition au parti du Palais : les Cultes Panthéonniques. En effet, dans les derniers siècles de pouvoir de Solian le Sombre furent fondés en Soléandre deux institutions dont le rôle politique ne ferait que croître au cours des deux ères subséquentes : les Temples d’Armélia et d’Arbros. Le premier était dirigé par Masélia de Vir, Grande Prêtresse rassembleuse et énormément populaire. Le deuxième par Natugrove Alcarin, Archiduc des Grandes-Forêts, homme à la puissance considérable et adversaire redoutable. Ils devaient, à eux deux, donner naissance au pouvoir temporel du Quartier des Temples.

Les ères conciliaires

Avec la Quatrième ère, Soléandre entre dans une époque de laxisme et de déclin. Il s’agit véritablement d’un moment pivot de l’histoire Soléandrine, d’une époque en apparence effervescente mais qui, au fond, cache bien mal la mort d’un système définitivement disparu avec Solian le Sombre, mais où aucun nouveau pouvoir destiné à durer ne semble émerger. Sa légitimité et sa puissance fortement atteintes, Soléandre semble à l’époque n’avoir jamais été aussi active, mais le phénomène s’explique facilement : le pouvoir des Immortels écroulé, tous s’agitent et, plus ou moins paniqués, tentent de sauver leur peau ou de récupérer une partie du pouvoir à leur propre profit. L’agitation de Soléandre tient alors à la ruine prochaine plus qu’à une renaissance, malgré les prétentions de l’historiographie de l’époque. Le mouvement est désordonné, sans but. Soléandre erre.

Il faut dire qu’Angelot, toute parfaite courtisane qu’elle soit, n’a nullement la carrure d’un chef d’État. Son pouvoir a des assises au palais et parmi la mythique secte des Blancs Manteaux, qu’elle protège outrageusement, mais ne repose sur rien de plus que sur un coup d’État exécuté dans l’Ombre, et sans gloire. De plus, lascive et d’un naturel vain, elle ne montre que très peu d’intérêt pour la gouvernance de ce qui était un véritable empire Soléandrin mais se réduira de plus en plus à la cité, et même au seul palais. D’un charisme purement charnel, d’une vive intelligence –malheureusement diminuée par les fumées et les drogues-, mais d’une inconstance et d’une paresse extrêmes, la Dame Chambellan tentera tant bien que mal de gouverner la Sainte-Cité, usant tantôt de ses « favoris », tantôt profitant des erreurs et des dissensions entre ses adversaires –le cas de Boriac étant le plus célèbre.

Si l’époque est trouble, en un endroit cependant la lumière se fait progressivement. Le centre du pouvoir se déplace progressivement. Hormis lors de certaines crises, la sphère du pouvoir se gangrène et se fige, prisonnière de l’indolence de sa figure de proue. On s’agite sans créer. Cet immobilisme imposé mène à un changement de scène : du palais, l’activité intellectuelle et politique se déplace vers le Quartier des Temples, cœur religieux de la Cité. Au début de l’ère, il n’est guère plus qu’un lieu désorganisé, presque abandonné, où fleurissent néanmoins deux cultes en apparence fort semblables : celui d’Armélia, et celui d’Arbros. Deux cultes de la nature, donc, par essence, étrangers à Soléandre, et qui d’abord ne rencontre chez les Soléandrins qu’un succès mitigé. Ce sont les Grands Seigneurs de l’Extérieur qui contribuent à la montée des Temples, dont l’influence sur la Cité croîtra très progressivement, au fil des ères. Cette croissance est aussi très inégale : le Culte Armélien récolte à l’époque de nombreux appuis, alors que la réussite de celui d’Arbros repose principalement sur la vigueur et la force morale de son fondateur, Natugrove Alcarin. Lui et Masélia de Vir, Grande Prêtresse d’Armélia, font néanmoins alliance, et articulent une pensée panthéonnique et farouchement autonomiste ayant pour centre le Quartier des temples. Leurs efforts et la surprenante portée de leurs actes, qui leur vaut l’appui d’une frange de plus en plus importante de l’aristocratie, attire l’attention du palais qui tente de noyauter le Quartier, pour mieux l’intégrer au système en place et faire taire ses revendications –un motif qui sera récurrent, jusqu’à ce que la tendance se renverse à la fin de la septième ère, à l’occasion de la Dictature Blanche.

Le Palais ramène donc à la vie une vieille fonction, tombée en désuétude, et charge des affaires du Quartier un Conseiller aux Cultes. Cet acte cause d’abord une levée de boucliers chez les gens des Temples, et tant Masélia de Vir que Natugrove Alcarin protestent avec vigueur contre ce qu’ils considèrent comme une intrusion dans leur domaine exclusif. Cependant, et c’est à ce moment précis que commence véritablement la structuration du mouvement panthéonnique, Grands Prêtres et Conseiller en arrivent à un accord, et se lient même d’amitié. Désormais reconnu comme guide du Quartier, le Conseiller aux Cultes entreprend une œuvre colossale de structuration et de mise en place, et donne naissance à une toute nouvelle œuvre théologique et mythologique, en partie opposée aux anciennes croyances –dont celles de Boriac Brisemartel, de retour dans la Sainte Cité et farouche défenseur de l’Ordre Ancien. Il convient d’ajouter son nom à celui des fondateurs de la Soléandre panthéonnique, car à n’en pas douter son rôle fut immense et il doit être reconnu comme la figure majeure de la quatrième ère : Childéric de Padmos. Avec l’aide de Masélia de Vir et de Natugrove, qui furent reconnus comme les doyens du Quartier, il ordonna les Temples et introduisit dans la Cité les Cultes des Grands Dieux du Panthéon. Son travail fut si immense qu’au milieu de la quatrième ère, tout ce que Soléandre comptait de grands seigneurs avait joint l’Assemblée des Grands-Prêtres –ou Conclave-, et que c’est de cette assemblée que devaient sortir tous les hommes qui, à l’avenir, auraient une influence sur la Cité. Le Quartier des Temples était, véritablement, devenu le cœur de la vie politique et intellectuelle de la Cité, l’unique source de son dynamisme.

Ainsi se met en place une ère « conciliaire ». Elle est conciliaire avant d’être panthéonnique, car elle est caractérisée par la création d’un système et la discussion qui entoure cette construction plutôt que par la domination d’une vision particulière. Le Concile, réunion des religieux ouverte aux laîcs et dirigée par le Conseiller aux Cultes, devient donc l’organe par lequel s’exprime les différents points de vue, et où différentes idéologies naissent et se s’établissent. Parmi ces pensées différentes, on notera le Panthéonnisme pur de Masélia de Vir, acceptant néanmoins le pouvoir créateur; le Panthéonnisme radical de Natugrove Alcarin, niant l’existence du Créateur et basé sur la toute-puissance, de tout temps, d’un panthéon en lutte perpétuelle pour la domination; la « religion collégiale » de Childéric, plus ouverte et moins rigide que celle des Grands-Prêtres et en grande partie garante de l’essor des temples; et la religion instrumentalisée par le pouvoir, telle que vue par Boriac.

Il serait inutile de s’attarder sur ces conciles et leur contenu plus en détail. Qu’il suffise de savoir que le mouvement conciliaire est dominé par trois grandes figures -Masélia, Natugrove et Childéric- et qu’il s’oppose principalement, encore que de manière souvent latente, avec la vision « nostalgique » défendue par Boriac.

Outre le Quartier des Temples, une autre institution, héritière d’une bureaucratie palatiale lourde et tentant de maintenir par l’administration un système maintenant incapable de survivre par le pouvoir des armes ou la légitimité politique, voit le jour. Une institution double, composée d’un Congrès des Alliances et d’un Tribunal supposément tout-puissant. Au centre de ces institutions, on retiendra deux noms : celui de Maître de Conférence du Congrès Gorboth, Sombre Empereur du Gortork et celui de l’Inquisiteur Demon Kyo.

Le Premier, véritable promoteur du Congrès et son membre au mandat le plus long, hérite d’un projet et d’une institution dont les bases ont été établies par Hartland, dont l’importance politique demeure cependant négligeable et dont l’Histoire n’a pas jugé bon de se souvenir. Le projet alliantiste Soléandrin, complexe, multiple et contradictoire, voit s’opposer trois visions : les autonomistes, qui souhaitent se libérer de la tutelle légale et morale soléandrine; le parti de la Chambellan, dont les jugements varient au fil des évolutions et des retournements de situation et qui se caractérise par un clientélisme avéré; et le parti Impérial, défenseur d’une ligne dure et intransigeante dans laquelle le Congrès devait être presque tout-puissant. Le projet congressiste, miné par ses oppositions, par l’opportunisme d’Angelot et par le refus obstiné de Gorboth d’accorder toute concession, fera long feu, et le Congrès ne sera guère plus que le théâtre de perpétuels conflits et de discussions vaines, malgré quelques percées de lumière. Il s’éteindra d’ailleurs à la cinquième ère, suivi de près par le système alliantiste antique lui-même.

Quant au tribunal, il devait connaître les mêmes problèmes et se révéler au final, après une brève période de rigueur, d’une parfaite inutilité. L’un de ses maîtres d’œuvre, Demon Kyo, homme d’une grande inconstance connu pour ses tirades enflammées et son opposition au mouvement des temples –la controverse qui l’opposa à Natugrove et Masélia est demeurée célèbre- se révéla n’être guère plus qu’un poseur, un joueur de coulisse plutôt qu’un homme d’avant-scène. Il fut sans doute victime des nombreuses intrigues de palais du temps, et quitta bien vite la vie politique de la Cité.

La quatrième ère prit fin dans une explosion de violence terrifiante, avec le réveil du Fléau, sorte de pouvoir d’origine divine issu d’une tradition aussi ancienne que celle de l’hérésie des Immortels. On ne peut nier la réalité de ce pouvoir, mais il convient de le ramener à sa juste expression : un pouvoir divin incontrôlé, peut-être insoumis ou libéré de la pierre de fondation. Toujours est-il que ce retour du Fléau –il avait déjà sévi lors des premières ères- fut suivi pour le souffle terrible et meurtrier de la guerre. De nouveau, Soléandre fut déchirée. La trahison s’insinua dans la Cité et Boriac Brisemartel, le plus puissant des Seigneurs de l’Ancien ordre et le Premier parmi les Souverains nains, choisit le parti du Fléau contre celui de la Sainte-Cité. Allié à un peuple jusqu’alors méconnu bénéficiant des pouvoirs de la malepierre et dirigé par le prophète Rat, Boriac parvint à mettre la Cité à genoux et l’assaut final du Fléau l’aurait emporté sans la Grande Coalition des Peuples Libres, qui parvint à retarder suffisamment l’attaque ultime pour que les Sages de Soléandre trouvent le moyen de vaincre l’adversaire. On a beaucoup parlé de la lutte dans les catacombes de la Cité et de l’apparition du Créateur, qui aurait mené au retrait du Fléau, à la fuite de Rat et à la capture de Boriac. Il est cependant indiscutable que ces deux événements soient la conséquence de la supériorité des sages –dont Natugrove Alcarin, Masélia de Vir, Maegluin d’Eldhimar, Zurak Draken Borg et le Roi Thorgils, et non pas celle de l’intervention d’une pure chimère, récusée même par les partisans de l’existence du Créateur.

L’événement qui mena à la défaite du Fléau fut cependant effectivement de nature mystique, mais il résulta d’une action panthéonnique et non pas de celle d’un Créateur incarné dans le monde. En effet, alors même que tout semblait perdu, Childéric, Conseiller aux Cultes et principal artisan de la Réforme des Temples, sacrifia sa vie lors d’un ancien et puissant rituel panthéonnique, qui rétablit l’Ordre mis au monde par le Pacte de la Pierre de Fondation. Ainsi se termina une ère chaotique, et c’est une grande tristesse en même temps qu’une grande justice que le plus grand homme de ce temps soit mort alors même qu’elle s’achevait. Son œuvre devait cependant lui survivre un temps, avant que la dynamique qu’il avait instauré n’emporte tout en un grand vent de changement.
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