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 Affichages et annonces

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Eregain
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Masculin Date d'inscription : 05/11/2011
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Titre : Duc de Soléandre

MessageSujet: Affichages et annonces   Jeu 29 Mar - 20:43

A intervalles réguliers, des hommes du Palais venaient poser de larges affiches sur des panneaux de bois sur les halles, mais aussi au port, dans les quartiers résidentiels et jusqu'aux portes de la Cité. Les nouvelles les plus importantes étaient relayées par des hérauts. Avec pragmatisme, Eregain avait gardé le service mis en place par les triumviri, se contentant de remplacer les dirigeants par des personnes de confiance.

La première annonce que les Hérauts avaient apporté d'Eregain concernait la mort des triumviri et la dissolution de toutes les institutions qu'ils avaient créés. Il fut donc bientôt coutumier de raconter un peu partout en ville que tout ce qui resterai du triumvirat devant l'Histoire était le balai planté dans le cul de l'annonceur public.

Comme les dits annonceurs allaient souvent par trois (un portant le tambour et les affiches, un lisant les annonces et le troisième les collant sur les murs), on eut vite l'habitude de les appeler "les trois balais". Puis, l'assimilation suivant son cours, les hérauts du triumvirat, devenus les hérauts d'Eregain devinrent chacun des Trois-Balais, en un seul mot et au singulier.


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Eregain
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Masculin Date d'inscription : 05/11/2011
Messages : 42
Royaume : Soléandre
Titre : Duc de Soléandre

MessageSujet: Re: Affichages et annonces   Dim 29 Avr - 11:34

Les groupes de "trois balais" s'étaient, à nouveau, dispersés dans la cité pour répandre la nouvelle. Celle-ci ne concernait guère que les négociants et les bourgeois, mais, pour eux, elle était révolutionnaire. Le Duc Eregain mettait fin, par décret du Palais, au monopole du change de monnaie qui avait été accordé à Baq i Kawten par le Conseiller du Port Boriac.

Un privilège financier datant de plusieurs décennies, qui avait enrichit la Cité avant d'être trouvé difficilement supportable par ses négociants, arrivait ainsi à son terme. Mais le message envoyé était plus profond encore. Ce privilège, aucun dirigeant de Soléandre n'avait osé y toucher. Les triumviri s'y étaient risqués, et de la pire manière, en bannissant tout simplement les banquiers qui refusaient de leur accorder leur allégeance.

Tout le monde avait constaté les conséquences désastreuses de cette tentative. Les usuriers Gnomes étaient les seuls à disposer de réserves d'actifs en nombre et en variété suffisante pour soutenir les besoins de Soléandre. Ils étaient aussi les seuls à disposer d'informations assez fiables pour poser des taux justes et rationnels.

Le système s'était effondré le jour même de la prise du décret : des centaines de navires de pays lointains avaient été obligés d'accepter des devises soléandrines (puisque personne n'avait plus de leurs monnaies), le Kaw d'or, la monnaie baqienne, qui permettait d'accéder à de si nombreux marchés, se fit soudain très rare, et très cher, puisque ses principaux utilisateurs avaient été bannis. La queue entre les pattes, les agents du port avaient du revenir sur le décret pour obtenir de la surintendante de Baq i Kawten le retour de ses devises.

Là où ils avaient échoués, Eregain avait réussit. Il n'avait guère de mérite, dirent les mauvaise langues : lui n'exigeait pas le départ des changeurs de Baq i Kawten. En conséquence, la situation mettrait un certain temps à changer. Mais déjà, de grandes nations, comme Hadakis, pouvaient établir leurs propres comptoirs de changes pour les plus grosses transactions.

La seconde mesure annoncée par Eregain fut la création d'une nouvelle monnaie. Le Ducat Soléandrin serai désormais le monopole des ateliers du Palais, et devait remplacer, à terme, toutes les anciennes pièces de la Sainte Cité. Les hérauts signalaient aussi que la frappe des Ducats pourrai être confiée, à titre exceptionnel, à des partenaires privés. Là encore, les auditeurs pensèrent que rien ne changerai vraiment. C'était une pratique courante, en Soléandre, de déléguer ce pouvoir. Mais ils avaient tort.

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Le Cardinal Blanc
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Masculin Date d'inscription : 14/11/2011
Messages : 71
Royaume : Empire Arshee d'Ical
Titre : Dictateur de Soléandre

MessageSujet: Re: Affichages et annonces   Dim 29 Avr - 17:59

Le Culte d'Arbros et ses dirigeants ne s'étaient jamais vraiment mêlés d'affaires et d'économie. Natugrove lui-même, en son temps, avait instauré une dîme et un système de dons, sans ériger la chose en système, comme le ferait plus tard le Cardinal. Le clergé du dieu des forêts s'était néanmoins progressivement enrichi, jusqu'à amasser le plus important trésor du Quartier des Temples. Le Grand-Maître n'était jamais allé plus loin -du moins pas avant d'avoir obtenu le Patriarcat- : politique acharné, théologien redoutable, stratège retors, capitaine flamboyant, l'Archiduc des Grandes-Forêts ne s'était jamais soucié de monnaie, d'économie et de marchandages. C'était le Chancelier, Hildegard Parannéen, qui régentait l'appareil économique de l'Archiduché.

Néanmoins, le Culte d'Arbros était riche, fabuleusement riche, et plusieurs de ses membres les plus éminents étaient versés dans la gestion, et se posaient en grands argentiers. Lors de son premier passage en Soléandre, le Cardinal avait systématisé la dîme, l'imposant à tous ceux qui bénéficiaient de la protection d'Arbros et étaient jugés suffisamment riches pour ne pas avoir à « mendier les faveurs divines ». Archeror avait aussi récupéré la formidable oeuvre théologique de Natugrove sur le don et sa justification, la peaufinant et en faisant l'une des bases du financement du Culte. Par la suite, après l'obtention du Patriarcat, Natugrove avait tenté d'imposer un système de dîme parallèle, élaboré par Kilak: outre les dons aux Cultes, tous -c'est-à-dire tous les Soléandrins, à l'exception des plus pauvres et de certains revenus modestes, qui bénéficiaient de l'aide du dieu, et donc des dons des autres- devaient maintenant payer une nouvelle dîme, au Quartier des Temples en son ensemble. Le Patriarcat gardait une certaine somme pour l'entretien du Quartier, avant de redistribuer la majeure partie du trésor ainsi amassé entre les divers temples.

Bien entendu, ce savant échafaudage s'était heurté à la résistance d'Angelot et de ses mignons. Ce n'est que lors du retour d'Archeror que le tout fut imposé et appliqué partout... pour le plus grand bénéfice des arbrosiens. En effet, on redistribuait à ceux qui donnaient le plus, de quelque manière que ce soit: le Culte d'Arbros récoltait donc, bon an mal an, plus des trois quarts de la dîme. En effet, c'étaient les arbrosiens qui étaient les plus nombreux, eux qui tenaient lazarets et maisons de guérison, eux qui entretenaient le plus grand nombre de chapelles et de temples, eux qui célébraient le plus grand nombre de cérémonies et d'offices, eux qui offraient gîte et couvert aux mendiants, enseignaient aux enfants, entretenaient les jardins de la Cité, faisaient la charité... De grandes dépenses, mais l'impénétrable gestion arbrosienne, malgré toutes ses bonnes oeuvres, parvenait à enrichir le Culte, qui thésaurisait et accumulait, investissait parfois, toujours avec sûreté. Mais Arbros prêtait rarement -pour ainsi dire, jamais- : seuls l'État, l'armée, la flotte et quelques « entreprises saintes » pouvaient se targuer d'avoir reçu de l'argent.

Et à cela, il fallait ajouter le système des dons, toujours plus performant: aristocrates soucieux de s'attirer les bonnes fortunes du dieu ou du culte, associations paysannes désirant de bonne récoltes, confréries souhaitant faire oublier quelques manoeuvres douteuses, guildes quémandant l'approbation divine... Et lorsqu'on donnait, on donnait presque toujours à Arbros, à moins que les voeux formulées soient extrêmement précis: après tout, rien ne servait de donner à des Cultes moribonds, abandonnés de leurs divinités.

Le Culte d'Arbros était donc riche, fabuleusement riche. Si l'Archiduché, trop éloigné, ne tenait pas Soléandre pour un partenaire commercial important, les arbrosiens ne pouvaient être négligés. Seul le palais pouvait se targuer d'avoir des coffres plus remplis. Mais le Cardinal était prudent, et savait manoeuvrer: Arbros amassait, mais donnait, donnait toujours plus. Et tout le monde était content: les riches et les nobles achetaient la paix de leur âme -ils devaient néanmoins assister aux cérémonies, et surtout, pour les plus puissants, admettre un prêtre dans leur suite-... et les pauvres se voyaient encadrés, nourris, éduqués, recueillis.

Cette dimension économique avait son importance. Le changement de politique monétaire fut donc dûment noté par le Cardinal, qui se montra encore plus prudent, ouvrant ses coffres d'une main afin d'embellir la cité et de réparer les ravages causés par les triumvirs... et récoltant de l'autre!
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