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 Le marché de Soléandre

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Rosa Elwin
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MessageSujet: Le marché de Soléandre   Mar 25 Sep - 15:56

D'un pas allègre, Rosa marchait parmi les étalages et les passants. Il y avait beaucoup de monde, et elle peinait à se faufiler. De toutes parts, les marchands invitaient les passants à venir regarder leurs marchandises. l'un vendait des légumes, l'autre des fruits, l'autre encore de la viande fraîchement chassée. Plus long, il y avait des marchands qui vendaient des armes, d'autres du tissu, des babioles en tout genre, des parchemins, des livres. Certains vendaient d'occasion.
Il y avait un capharnaüm épouvantable. Rosa n'était pas habituée, à aautant de monde, autant de bruit et d'agitation.
Elle dépassa les marchands de nourriture pour s'intéresser à une marchande de tissue. Ces articles étaient fins, soyeux, beaux.
-Bonjour mademoiselle ! Que puis-je pour vous ?
-Avez-vous un tissu bon pour une cape ?
-Bien sûr ! Ceux-ci doivent être assez épais. Quelle couleur ?
La jeune Elfe réfléchit, puis :
-Ce tissus beige, là. Il me plait bien.
La marchande prit des mesures :
-Revenez dans... disons, une demi-heure, elle sera prête.
Rosa remercia, et alla vers la marchand d'armes. Sur sa table s'étalaient des épées, des boucliers, des dagues, des cimeterres, des arcs, des flèches, des carquois, des haches, des arbalètes. La jeune Elfe s'intéressa particulièrement à un magnifique arc en bois, recouvert de motifs formant des courbes, s'entrelaçant. Elle le prit entre ses mains, testa la corde. Celle-ci était solide, bien tendue.
-D'où vient cet arc ? demanda-t-elle.
-Le bois vient du Royaume de la Forêt d'Aubois, c'est du chêne. La corde a été fabriquée à partir de crin de cheval, de poudre d'If, et d'un cheveux de la toute puissante Dame du Lac de l'Est. C'est une crode très solide, voire incassable, qui tire avec une précision étonante, ainsi qu'une rapidité extrême.
-Combien ?
-Deux cents pièces d'or. Vous comprenez, c'est une pièce rare.
-Ne pouvez-vous pas me le faire à cent pièces d'or ?
-Cent-quatre-vingt.
-Cent-cinquante.
-Cent-soixante.
-Cent-cinquante.
-D'accord, cent-cinquante.
Rosa fut très heureuse d'avoir obtenu son arc baissée à cinquante pièces d'or. Après avoir récupéré son arme, elle arra quelques temps sur le marché, puis retrouna vers la femme aux tissus.
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Le Cardinal Blanc
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MessageSujet: Re: Le marché de Soléandre   Sam 29 Sep - 1:09

Ivir Valens avait fort civilement accepté d'accompagner Rosa dans sa visite de Soléandre. Après avoir terminé leurs pichets respectifs, le prêtre et la jeune elfe avait quitté la taverne et traversé rapidement les quartiers pauvres qui bordaient le port. Alors que l'elfe des bois s'émerveillait de tout, Ivir ne pouvait que noter les regards lubriques de certains marins à l'allure patibulaire. Soléandre, la Sainte Cité, plusieurs fois millionnaires d'habitants, n'était pas le plus sûr des endroits du monde pour une fille de la forêt. Heureusement, la vue de la robe brune du prêtre d'Arbros empêcha toute action déplacée. La main du Cardinal était lourde, lorsque l'on s'attaquait aux siens...

Rapidement, cependant, les deux compères, en route vers le Haut Bourg, pénétrèrent dans les quartiers plus aisés et mieux surveillés de Soléandre. Ils durent cependant se détourner quelque peu de leur route et faire un crochet par les Halles: apparemment, le passage des Impériaux avait causé quelques troubles au pied de la colline, et Ivir Valens ne souhaitait guère se retrouver environné d'une foule survoltée.

Bien entendu, sitôt parvenu aux Halles, Rosa perdit tout intérêt pour le Haut Bourg. Les centaines d'étals multicolores de la Place des Faubourgs -où les marchands des alentours de Soléandre vendaient leur produits- eurent tôt fait d'aspirer la jeune elfe, qui s'arrêta chez une tisserande. Ivir Valens, ayant repéré un et solide tissu brun, s'attarda quelque peu auprès de la commerçante, jugeant le moment opportun pour renouveler sa garde-robe. Lorsqu'il releva la tête, il constata que Rosa avait disparu. La marchande l'avisa que la jeune elfe avait passé une commande, et qu'elle reviendrait sous peu. Le prêtre l'attendit donc près de l'étal, et lui jeta un regard faussement furibond lorsqu'elle reparut.

-Mais, mon enfant, ne disparaissez plus comme ça! Il y a tant de gens ici qu'eussé-je cent jours, je serais bien en mal de vous retrouver si vous parcouriez ne serait-ce que dix mètres! Il s'agit d'être prudente.

Il avisa alors l'arc qu'elle tenait à la main, et demanda à l'examiner. La jeune femme lui expliqua, avec grande joie, les propriétés étonnantes de cette « pièce de collection ». Ivir Valens, quant à lui, éclata de rire.

-Hohohohoh! Cent cinquante pièces d'or??? Hohohoho! Elle est bien bonne, celle-là! Vous êtes tombés sur un fin renard, qui connaît bien son monde! Cent cinquante pièces d'or! Hohohooo! Vous vous êtes fait joliment plumer et celui qui vous a vendu cet arc, à n'en pas douter, a gagné plus en une seule transaction qu'en toute une semaine! Cent cinquante pièces d'or! Cet objet en vaut tout en plus trente! Et d'argent!

Devant l,air incrédule de Rosa, le prêtre d,Arbros se répandit en explications.

-Vous ne trouverez dans cette partie des Halles rien de bien extraordinaire. Oh, certes, tout ce qui se vend ici est bien honnête, et on peut trouver d'excellents produits. Mais soyez certaine qui rien ici n'a été produit avec les cheveux de quelque Dame que ce soit! Hohoho! Même au Haut Bourg et des les Halles d'Argent, même dans le quartier des armuriers vous en trouverez peut-être pas pareille merveille. Non non, vous avez acheté un fort bel outil. Parfait pour chasser le faisan!

De nouveau, Ivir s'esclaffa. Il aurait peut-être dû s'indigner contre la fraude dont venait d'être victime l'elfe sylvaine, mais il en était incapable: voir l'héritière d'un royaume elfique, si marginal fut-il, dispenser si libéralement ses richesses auprès de marchands rusés était d'un drôle.

Et puis il pensa aux voleurs et aux tires-laines. Et il cessa de rire. Il était impératif que quelqu'un prenne cette jeune femme sous sa protection, et lui apprenne les règles les plus élémentaires de la prudence.

Il allait ouvrir la bouche lorsqu'une soudaine clameur détourna son attention. La foule, soudainement, se compressa, libérant un passage au centre de la grande allée où se trouvaient les deux compagnons. Au bout d'un moment, une douzaine de gardes à cheval firent leur apparition, encadrant une litière grise dans les tentures de côté étaient ouvertes. Un vieillard tout aussi gris et ratatiné était installé à l'intérieur, et souffrait apparemment le martyre à chacun des pas de ses porteurs. Ivir Valens se pencha à l'oreille de Rosa et haussa la voix.

-Oh oh! Voilà votre jour de chance, mon enfant! À peine arrivée en Soléandre, et déjà vous posez vos yeux sur l'auguste figure ridée de l'un de nos dirigeants! Vous voyez-là Savater, Grand Archiviste de Soléandre et l'un des proches conseillers de son Éminence le Cardinal! Il doit bien avoir cent ans! En tout cas, lorsque je me compare à lui, je me sens encore jeune et fringant!

Le prêtre éclata de rire, et le cortège passa, donnant à Rosa la chance de retourner à ses tissus...
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Rosa Elwin
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MessageSujet: Re: Le marché de Soléandre   Lun 1 Oct - 14:20

En voyant ce vieil homme âgé, paraissait-il de bien cent ans passer en litière, Rosa en resta quelques instants figée. Il semblait tellement souffrir, qu'elle, dans sa générosité et son insouscience aurait voulu se précipiter vers lui pour lui conseiller un de ses quelques nombreux breuvages qu'elle avait apprit chez elle. Mais elle ne bougea pas, sachant que Iris Valens l'aurait retenue.

Quand le cortège s'éloigna, elle se tourna de nouveau vers la marchande de tissus qui avait fini sa cape. Elle la lui tendit. La jeune Elfe l'esseya, puis, satisfaite, remit à la marchande l'argent demandé.

Elle resta un moment immobile à regarder la foule, puis se tourna vers le prêtre. Celui-ci la regardait, et attendait. Comprenant qu'il serait temps d'y aller, elle se mit en route, suivie par le vieil homme.

A chaque pas, Rosa regardait à droite, à gauche, afin de repérer des articles intéressant. Quand elle vit des marchands qui vendaient des lapins, entassés dans des cages minuscules, elle fut prise de pitié pour ses bêtes et voulut aller leur ouvrir. Mais Iris la poussa avec force en avant, ayant certainement pressenti son geste.

Plus les deux personnes s'éloignaient du marché, moins il y avait de monde. Rosa en fut soulagée, mais en même temps, elle perdait l'odeur de nourriture qu'elle aimait tellement. Ces plats, cuisinés sur place dégageaient une odeur tellement alléchante !

Soudain, la jeune Elfe vit du monde se tasser, un peu plus loin devant eux. Elle accéléra le pas pour aller voir. Le prêtre la suivait de près. Au milieu d'un cercle formé par les curieux, elle vit alors deux hommes qui se battaient. Un marchand, visiblement en colère, et un enfant, dix ou onze ans, habillé de haillons. Le marchand frappa l'enfant avec une telle force que celui-ci fut projetté à terre.
-Voleur ! cria l'homme. Voleur de pommes ! Ah, tu vas voir !
-Mais ce n'est pas moi, supplia l'enfant. Ce n'est pas moi !
Sa joue était rougie par la gifle du marchand.
-Oh, par tous les dieux ! murmura Rosa. Pauvre enfant ! Il faut empêcher ce marchand de le frapper de nouveau !
Alors que l'homme s'apprêtait à assener à l'enfant un second coup, Rosa se dégagea de la foule, sans que Iris puisse l'en empêcher.
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Le Cardinal Blanc
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MessageSujet: Re: Le marché de Soléandre   Sam 6 Oct - 16:31

Ivir Valens tendit la main. Trop tard. La jeune elfe, déjà, était hors de portée et, ayant fendu la foule, elle s'interposait entre le bambin et le marchand en furie. Ce dernier, surpris, frappa le vide. Ses deux yeux, petits mais brillants de colère, se fixèrent sur Rosa, et, pestant et crachant, il lui intima de se retirer. Quant à l'enfant, deux autres personnes, guère émues et habituées aux vols et aux rixes des rues commerçantes, l'empêchèrent de s'enfuir, le tenant fermement.

Ivir Valens poussa un soupir. Puis, après avoir remplit ses poumons d'air, il réagit.

-ARBRO'ROS!!!

Il y eut soudainement un silence, et tous se tournèrent vers le prêtre qui, à son tour, fendit la foule, rejoignant le marchand et la jeune elfe. Dans sa robe de bure brune, tachée et déchirée par endroit, Ivir Valens n'aurait guère dû impressionner. Pourtant, tout autant qu'un pardessus de satin ou qu'une cotte de maille rutilante, l'habit du religieux semblait inspirer le respect.

-Mes frères, cette esclandre et cette violence vous déshonorent. Qu'est-ce donc que tout ceci?

Le marchand de pommes, toujours furieux mais plus prudent, jeta un regard mauvais vers l'enfants.

-Y'a, mon Père, que c'te brigand-là, y'a volé une pomme. Pis c'te pomme, est pas à lui, mais a moé. C'est moé qui l'a rapporté depuis les faubourgs jusqu'icitte, qui l'a acheté pis qui voudrait bien la r'vendre, histoire de pouvoir vivre. C'te brigand là, c't'un voleur, qui mérite une bonne correction, m'est avis!

Et sur ce, à nouveau furibond, le marchand cracha en direction de l'enfant. Les yeux du prêtre pétillèrent, et il alla se planter devant le jeune homme.

-Es-tu un voleur?

Le bambin fit non de la tête.

-Jamais, m'sieur, jamais j'ai volé...

Ivir s'avança d'un autre pas.

-Arbros t'entend, mon enfant. As-tu volé cette pomme?

De nouveau, un non frénétique.

-Jamais, j'ai...

Hors de lui, le marchand poussa un hurlement.

-MENTEUR!!! SALE P'TIT MENTEUR!!!

Ivir Valens leva une main sévère et haussa le ton.

-SILENCE! Ce jeune homme est terrorisé, et dans le besoin. Il est du devoir du fidèle de venir en aide aux plus nécessiteux, et de partager avec lui les dons d'Arbros. Cette pomme qu'il a volé -car je lis le mensonge dans son regard, et je ne doute pas qu'il l'ait prise-, marchand, tu aurais dû, voyant sa misère, la lui offrir. Mais ce manquement n'excuse en rien vol et mensonge. Avoue, mon enfant. Ou tu devras affronter seul les conséquences de ton geste.

Tremblant, les yeux baissés, le bambin hésita un long moment avant de murmurer quelque chose. Trop bas. Valens lui intima de relever la tête et de parler plus fort.

-Je... j'vous d'mande pardon, m'sieur. J'ai volé c'te pomme. J'avais faim, m'sieur. Tellement faim.

Le marchand poussa un cri de triomphe, mais de nouveau le prêtre d'Arbros leva la main. Il la plongea ensuite dans sa robe, et en retire quelques pièces usées, qu'il tendit au marchand.

-Voilà pour votre peine, mon brave. Désormais, cependant, le repentir de cet enfant le met sous le protection d'Arbros. Je me chargerai de le remettre sur le droit chemin.

De nouveau, le marchand cracha, après avoir pris les pièces.

-Hésitez pas à cogner fort, mon père. C'tes jeunes-là, ça comprend juste ça...

Sur ce, le marchand s'en retourna à son étal, et la foule se dispersa. Le jeune voleur tenta de s'éclipser, mais Ivir Valens le saisit brusquement par le collet et le souleva de terre. Il le traîna ainsi sur quelques mètres, avant de le lâcher près d'un porche. Il se tourna ensuite vers Rosa, qui l'accompagnait toujours.

-Et maintenant, ma jeune amie, comment souhaitez-vous exercer votre protection sur ce jeune homme?
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Rosa Elwin
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MessageSujet: Re: Le marché de Soléandre   Lun 8 Oct - 14:29

Rosa regarda l'enfant que Iris avait défendu. Effectivement, elle n'avait pas pensé à comment le protéger, quand elle était intervenu.

Son regard alla de l'enfant qui fixait le sol au prêtre. Elle réfléchissait. Au bout d'un moment, elle proposa :
-Il peut rester avec nous. Ainsi, nous pourrons le protéger, l'habiller et le nourir.
L'enfant releva les yeux en entendant cette proposition.

-Mais... pourquoi... bredouilla-t-il.
Il semblait avoir soudainement peur de ces incconus.

-N'as-tu pas entendu ce que M. le prêtre d'Arbros a dit ?
Le petit garçon réfléchit et secoua la tête.

-Il a dit qu'il s'occuperait de te remettre dans le droit chemin. Comment peut-il sen occuper, si vous êtes séparés pas plusieurs lieues ? Et de plus, si personne ne s'occupe de toi, si personne ne te nourrit, tu voleras de nouveau, j'en suis certaine.

L'enfant baissa de nouveau les yeux, rouge de honte :
-Désolé... je... j'voulais pas... c'tait plus fort que moi. Je... j'avais trop faim.

Rosa sourit et ébouriffa les cheveux du garçon :
-Où est ta pomme ?
L'enfant la sortie de son pantalon et la montra à la jeune Elfe. Peut-être s'attendait-il à ce qu'elle lui fasse une grosse leçon de moral, ou à ce qu'elle la lui reprenne. Au lieu de cela, elle lui dit d'une voix suave :
-Eh bien, qu'attends-tu pour la manger, toi qui a si faim ? Mais qu'on se mette d'accord : c'est la dernière pomme volée que tu manges !
L'enfant, tout heureux croqua dans son fruit et hocha la tête.

-Il faudra que tu apprenne un métier, pour gagner de l'argent. Mais chaque chose en son temps ! Pour l'instant, on s'occupe de toi.

Rosa leva les yeux vers Iris. Il regardait la scène en souriant.
-On y va ? demanda l'Elfe.

Les trois compagnons se mirent en route.
-Au fait, voulut savoir Rosa. Comment t'appelles-tu ?
-Harald, m'dame.
-Harald, répéta le jeune Elfe dans un murmure. Moi c'est Rosa Elwin, et lui, le grand prêtre d'Arbros, Iris Valens.

Une fois les présentations faites, Rosa se tourna vers son autre compagnon :
-Si nous allons dans le Haut-Bourg, il faudra acheter à ce garçon des vêtements convenables, ne croyez-vous pas ?
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MessageSujet: Re: Le marché de Soléandre   Ven 12 Oct - 17:56

De nouveau, Ivir Valens, qui était un être plein d'humour, éclata d'un grand rire franc.

-Oohooohhhh! Oohhhohohh! Moi, Grand Prêtre d'Arbros? Ooohohoh! Oh non, oh non, mon petit, pas besoin de trembler ainsi. Je ne suis qu'un humble prêtre, une robe brune, même pas une robe verte! Un simple prêtre, tout ce qu'il y a de plus normal. Oohohoh! Je me vois, à la place de Son Éminence le Cardinal! Ou encore à celle de Sa Sainteté, dans les Grandes-Forêts lointaines! Oohohoh! Quel ridicule ce serait!

Ivir Valens, qui était certes un homme bon, mais aussi un homme cultivé malgré ses apparences bourrues, et un peu pontifiant comme tout prêtre d'Arbros, s'attacha ensuite à expliquer à la jeune femme que, chez les Arbrosiens, le titre de « Grand Prêtre » était réservé au plus haut représentant du Culte dans un royaume donné. En Soléandre, cependant, la hiérarchie habituelle ne s'appliquait pas: c'était Archeror d'Ical, le Cardinal Blanc, qui dirigeait le Culte depuis des décennies. Le Cardinal était aussi Patriarche du Quartier des Temples, soit premier parmi tous les chefs des Cultes Panthéonniques. Finalement, Valens exposa à l'elfe que le chef Suprême du Culte d'Arbros, à qui tous les Arbrosiens du Monde sans Nom devaient allégeance, était Sa Sainteté Natugrove Alcarin, Archiduc des Grandes-Forêts, qui régnait loin à l'Ouest.

Un soupir poussé par Harald rappela cependant le prêtre à la réalité, et Ivir Valens prit un air pensif.

-Hmmm... En effet, il faut habiller cet enfant convenablement... et avant de nous rendre au Haut Bourg! Je ne peux malheureusement rien lui acheter de bien beau: mes maigres moyens ne nous le permettent pas. À moins que vous désiriez vous en charger, je suggère que nous nous arrêtions dans l'un des Orphelinats des Frères de la Mère Forêt, qui pourront nous fournir des vêtements simples, mais propres et confortables...

Ivir Valens se tue, avant de se tourner brusquement vers Harald.

-Mais, j'y pense, mon enfant, qu'en est-il de ta famille?

La question, en effet, était d'importance, et d'elle dépendrait la destinée de l'enfant...
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Rosa Elwin
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MessageSujet: Re: Le marché de Soléandre   Mar 6 Nov - 12:13

Rosa Elwin se tourna à son tour vers l'enfant. Il était vrai qu'ils ne savaient rien de la vie du jeune Harald, ni de ce qu'étaient devenus ces parents.

Comme le garçon ne répondait pas, elle réitéra la question. L'enfant leva les yeux vers le prêtre et la jeune Elfe :
-Mon père est parti à la naissance. Il ne voulait pas d'enfant, mais ma mère ne voulait pas m'abandonner. Alors on a vécu tous les deux, dans la pauvreté, mais heureux. Très tôt, j'ai cherché du travail pour nous nourrir.

Il se tût quelques secondes pendant lesquelles Rosa jeta un coup d'oeil à Iris Valens.
-Mais personne ne voulait me prendre. Il disaient que j'étais trop petit, trop frêle, pour travailler. Pourtant, je sais fabriquer des épées, j'ai appris en regardant les hommes travailler. Mais personne ne voulait me croire. Ma mère, pour nous faire vivre, lavait du linge, mais les revenus restaient faibles. Nous avions à peine de quoi nous nourrir ! Cependant, nous étions heureux, tous les deux.

Nouveau silence. Les trois compagnons marchaient d'un pas lent, dans les ruelles désertes.
-Mais un jour, reprit Harald, il est arrivé dans notre vie.
-Qui donc ? s'empressa de demander Rosa.
-Un homme, je ne sais pas son nom. Il était fort riche, d'après ce qu'il disait. Il a proposé un marché à ma mère : il promettait de s'occuper de moi, si elle acceptait de travailler pour lui. Ma pauvre mère, voyant l'espoir de me sortir de cette misère accepta sans plus réfléchir. Dès le lendemain je partis avec l'homme. Il me déposa dans un orphelinat, et me laissa là, sans rien ajouter d'autre. L'endroit était sombre, sale, l'ambiance horrible et l'atmosphère pesante.
-Et ta mère ?
-Le travail que lui proposait l'homme était en fait la prostitution. Elle fut ainsi obligée de se vendre, et de plus l'homme prenait trois quarts de ses revenus ! Une fois par mois, environ, je la voyais. C'était, pour elle et pour moi, le seul jour heureux dans notre misérable vie. Au bout de huit, ma mère cessa de venir. je ne comprenais pas pourquoi. A l'orphelinat, j'avais appris à écrire. Avec l'aide d'un ami, plus âgé que moi, j'écrivis une lettre pour ma mère. Jamais elle ne me répondit, pourtant, et je le savais, elle avait appris à lire. La vérité, je l'appris cinq mois plus tard je ne sais plus comment. Il y avait eut une dispute entre l'homme et ma mère, car elle voulait me récupérer, et reprendre sa vie d'antan. L'homme n'a pas voulu, et il l'a tabassée. Il l'a tellement frappée, qu'elle fut transportée à l'hôpital, où elle est décédée de ses blessures. Ayant appris cela, je voulait partir de cet orphelinat sombre pour retrouver cette homme et venger ma pauvre mère. Avec mon ami -celui avec qui j'ai écris ma première lettre- nous nous sommes enfuis, une nuit. Quand le gardien a donné l'alerte, nous étions bien loin. Nous avons erré, dans les rues, comme je le fais maintenant.
-Tu as recherché l'homme qui a tué ta mère ?
-Oui, mais sans son nom c'était dur.
-Il aurait fallut que tu trouves l'adresse d'un bordel, car, d'après ce que tu dis, il semblait engager à son propre compte des prostituées.
-Exact. Mais comment aurai-je pu le faire ? Je n'étais même pas sur qu'il exploite ces femmes dans une maison close.
-Et ton ami ? Qu'est-il devenu ?
-Il a été surpris en train de voler des pommes. Le marchand l'a conduit jusqu'à des gardes qui l'ont jeté en prison, pour quelques jours. Il a essayé de s'évader, et ils l'ont abattu...

Rosa leva les yeux vers le ciel, pensive.
"Pauvre enfant", pensa-t-elle.

Ne sachant qu'ajouter de plus, elle se tourna vers Iris Valens :
-Connaissez-vous une boutique de vêtements, par ici ? Car, nous l'avons dit précédemment, nous devons habiller ce garçon convenablement pour aller au Haut-Bourg. Je payerai, ne vous en faites pas.
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